Et la patience, Bordel ! (Tome 1 – 3/6)

Les mésaventures des personnes ayant une communication différentes

Le GILDEC 69 est un groupe de personnes qui ont des Difficultés d’Élocution et de Communication (DEC) et qui se réunissent dans les locaux de notre délégation.

Le groupe a réalisé un album avec les anecdotes rédigées. Ces anecdotes vécues reflètent les obstacles que rencontrent au quotidien les personnes DEC, en plus de leur handicap. Le tome 1 a été illustré par Sylvain Gallet.

Nous vous proposons de découvrir les anecdotes au fur et à mesure :

  • 1/6 « Dans cet état » de Chloé.
  • 2/6 « Merci Madame d’avoir fait perdre une demie journée à plusieurs personnes » de Philippe.
  • 3/6 « C’est reparti pour un tour ! » de Manuel.
  • 4/6 « Dans le magasin de ma grand-mère » de Ludovic.
  • 5/6 « Je savais bien qu’ils me mentaient » de Damien.
  • 6/6 « Une soirée au cinéma tout seul un après-midi d’avril » de Fetah
  • 3/6 C’est reparti pour un tour … de Manuel

    Portrait ManuelA propos de Manuel :

    • Né en 1970, Manuel est un passionné d’informatique, il est membre du Conseil Départemental de l’APF du Rhône. Il est également le référent du Gildec du Rhône depuis 2014. Manuel aime les activités sportives « extrêmes » : escalade, …
    • Manu s’exprime avec un tableau de communication alphabétique.

    « Un jour, un nouveau chauffeur Optibus est chargé de me raccompagner chez moi. Sur le route, le chauffeur se montrait imprudent (il a grillé un feu rouge, puis il a roulé durant 2 km sur la bande d’arrêt d’urgence pour rejoindre la sortie au plus vite). J’ai commencé à avoir des doutes quand il a pris la mauvaise sortie. Qui se sont confirmés, lorsqu’il a pris la direction de Charly au lieu de tourner à droite en direction de Saint-Genis Laval, où j’habite. Après quelques minutes, je me suis mis à gesticuler pour attirer son attention et aussi lui indiquer la bonne route. Puis comme il n’y prêtait pas attention, j’ai commencé à crier. Il a alors dit d’un ton élevé « Qu’est-ce qu’il a à gueuler comme ça celui-là ? ». Il a suffi qu’il dise cela pour que la moutarde me monte au nez, et de m’énerver plus encore. Je me suis mis à crier de plus en plus fort en pensant « Espèce d’abruti, tu ne vois pas que je suis en train de t’indiquer la bonne route ». Mais il continuait à faire la sourde oreille et à n’en faire qu’à sa tête. Après maintes et maintes tentatives, j’ai compris qu’il se foutait de mes avertissements et je me suis « Bon ben, si il ne veut pas, qu’il se démerde pour me ramener chez moi ! ». Après plusieurs tours et détours, il arriva enfin sur la bonne route, j’ai essayé de lui indiquer, enfin j’ai refait une tentative pour essayer de lui indiquer qu’il fallait tourner à droite. Chose qu’il n’a pas comprise, et il continua de m’ignorer. C’est alors que je me suis dit « Quel con celui-là ! Me voilà reparti pour un tour ! ». Quand, il trouva enfin la rue Apollon, ce fut pour la prendre en sens interdit. Quand nous somme arrivé près de la rue où j’habite, j’ai fait une dernière tentative pour la lui indiquer, mais en vain. Il passa tout droit ! Tandis qu’il s’engageait de nouveau en sens interdit rue Apollon, moi je priais pour qu’aucune voiture n’arrive en face. Fort heureusement, à ce moment là je vis mon oncle sur le trottoir promenant ses chiens. Le chauffeur lui demanda sa route. Mon oncle la lui indiqua tout en lui précisant que j’aurais pu le guider. Il lui répondit « Ah bon? Merci quand même, je ne le savais pas ! ». Ce qui était un gros mensonge car un bénévole de l’APF lui avait expliquée la route, et surtout qu’il pouvait communiquer avec moi et de quelle manière. Pour conclure, au lieu de rentrer chez moi vers 17h30 comme prévu, nous sommes arrivés à 20h. Je ne vous raconte pas l’inquiétude de ma mère. Si le chauffeur m’avait « écouté » depuis le début, on aurait pu éviter ce retard. Et si on n’avait pas croisé mon oncle, je crois que j’y serais encore.
    PS : Depuis que les Optibus sont équipés de GPS, je pense être à l’abri d’une mésaventure de ce genre … »

    BD Manuel

    Nous tenons à remercier, pour leur participation active :

    • Sylvain Gallet, le dessinateur, et son ami Alex Jarret, pour les photographies ;
    • Emmanuel Perrier et Thierry Bouchex, de l’école Émile Cohl, à Lyon, qui ont permis la mise en place du projet ;
    • Catherine Bouilland, qui était chargée de mission à l’APF du Rhône et tous les bénévoles, accompagnants et assistants de communication qui ont également aidé lors des réunions et de la rédaction des anecdotes. Rappelons que le statut d’assistant de communication n’existe pas pour les personnes DEC mais nous continuerons à revendiquer pour ce droit qui nous est indispensable.

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